Univers
Véhicules de collection
L'univers que je préfère, et celui que je veux développer. Sur une ancienne, la sellerie se refait dans le respect des matières, des teintes et des coutures d'époque. Je travaille aussi bien sur une restauration complète que sur une seule pièce à remettre à neuf.
Ce que contient cette page (9 sections)
- Sur une voiture ancienne, la technique n’est pas la même
- Refaire à l’identique, ou faire évoluer ?
- L’avant et l’après d’un intérieur repris en entier
- Des Recaro de Golf MK1 dans une Mercedes 190E
- Ce que je refais sur une voiture ancienne
- Les voitures qui passent à l’atelier
- Combien coûte la sellerie d’une voiture de collection ?
- Les erreurs à éviter sur une voiture ancienne
- Une restauration passe entre plusieurs mains
Le résumé, si vous êtes pressé
Sur une voiture ancienne, la sellerie ne se travaille pas comme sur une voiture récente : le ciel de toit se tend et se colle à même le pavillon, il n'y a pas de coque à déposer, et beaucoup de pièces n'existent plus en neuf. Je refais capote, sièges, moquettes et ciel de toit à l'identique ou sur mesure, selon ce que le véhicule mérite.
Vous avez une voiture ancienne dont la sellerie est fatiguée, et vous ne trouvez la pièce nulle part ?
C’est normal, et c’est précisément le travail. Sur une voiture de collection, presque rien ne s’achète en neuf : je relève le dessin sur la pièce d’origine et je la refais.
Je suis Charles Bailly, sellier garnisseur à Chaponost, près de Lyon. C’est l’univers pour lequel j’ai monté cet atelier, et celui que je préfère : une sellerie d’ancienne ne se juge pas au temps passé, mais à ce qu’on arrive à sauver.
Sur cette page, je vous explique ce qui change techniquement sur une voiture ancienne, comment on décide entre refaire à l’identique et faire évoluer, et ce qui fait vraiment monter un devis sur ce type de véhicule.
Sur une voiture ancienne, la technique n’est pas la même

Le ciel de toit d'origine d'une Mercedes 220 SE W111, jauni et taché. Sur cette voiture il n'y a pas de coque à déposer : le tissu est tendu et collé au pavillon.
C’est la différence que personne n’explique, et elle change tout au devis.
Sur une voiture récente, le ciel de toit est une coque rigide que je déclipse, que je sors du véhicule et que j’habille à plat sur l’établi.
Sur un véhicule d’avant les années 1990 environ, cette coque n’existe pas. Le tissu est tendu et collé directement au pavillon, souvent maintenu par des arceaux transversaux.
Résultat : le travail se fait dans la voiture, bras en l’air, pas à l’établi. C’est ce qu’on appelle un ciel de toit tendu collé, et ça demande bien plus de temps.

La même W111 une fois le pavillon refait. Le cuir rouge d'origine était encore bon, il n'a pas été touché.
Voilà la même Mercedes 220 SE W111 une fois le ciel de toit refait.
Le contraste est le premier point qu’on regarde sur ces voitures : un pavillon jauni écrase un cuir rouge, un pavillon clair le remet en valeur.
Le tissu se choisit donc avec la sellerie en tête, pas séparément. Sur une ancienne, les teintes se répondent ou la voiture sonne faux, même quand chaque pièce est bien faite.
Sur ce chantier, le cuir des banquettes était encore bon. On ne touche pas à ce qui tient, c’est le principe.
Refaire à l’identique, ou faire évoluer ?

Une Maserati Ghibli à l'atelier. Sur une voiture de ce niveau, la question ne se pose même pas : tout se refait à l'identique de l'origine.
C’est la vraie question à trancher avant le devis, et c’est vous qui décidez, pas moi. Les deux se défendent, ils ne servent simplement pas le même projet.
Si la voiture passe en concours ou se revend entre passionnés, l’origine se respecte jusqu’au dessin des surpiqûres. On cherche la matière la plus proche, je relève l’ancienne pièce, et je refais à l’identique.
Si vous roulez avec, il y a de la marge. Je garde le dessin d’origine et vous gagnez en confort sur les densités de mousse, ce qui ne se voit pas et se sent tout de suite sur un long trajet.
Et il y a une troisième voie, que je vois de plus en plus : assumer une personnalisation. Une teinte qui n’existait pas au catalogue, des sièges d’un autre modèle adaptés. Ça se fait, à condition que ce soit un choix et pas un compromis.
L’avant et l’après d’un intérieur repris en entier
Sur une ancienne dont l’habitacle est à bout, je ne remplace pas, je refais. Voilà à quoi ressemble le même véhicule avant et après son passage à l’atelier.


À gauche l'habitacle entièrement déposé, plancher nu. À droite le même, sellerie, moquette et panneaux refaits. Entre les deux, chaque pièce a été relevée sur l'ancienne avant d'être retaillée.
Rien n’a été acheté tout fait sur ce chantier. Les coiffes, la moquette et les panneaux ont été coupés d’après les pièces d’origine, qui servaient de patron.
Des Recaro de Golf MK1 dans une Mercedes 190E
C’est le chantier dont je suis le plus content, et il illustre bien la troisième voie. Le client avait mis la main sur des Recaro LS montés d’origine dans une Golf MK1, et il les voulait dans sa Mercedes 190E.
Deux voitures, deux marques, deux époques. Rien ne se montait tel quel : ni les glissières, ni les cotes d’assise, ni les matières, qui devaient s’accorder avec le reste de l’habitacle de la Mercedes.
J’ai repris les sièges en entier et je les ai refaits pour la 190E, pas pour la Golf. Le résultat a l’air d’origine, et c’est précisément ce qu’on cherchait : une pièce d’époque qui n’a jamais été prévue pour cette voiture, et qui a l’air d’y avoir toujours été.
C’est le genre de projet qui ne rentre dans aucune case du devis standard. Quand vous avez une idée de ce type, montrez-la moi avant de chercher si c’est faisable : la réponse est souvent oui.
Ce que je refais sur une voiture ancienne
Concrètement, voilà ce qui passe à l’atelier sur ce type de véhicule :
- Les capotes, en toile d’époque ou en alpaga, commandées quand le modèle existe encore et taillées sur mesure quand il a disparu.
- Les sièges et les banquettes, coiffes et mousses, avec les passepoils et les surpiqûres d’origine relevés sur l’ancienne pièce.
- Les ciels de toit tendus collés, la technique des véhicules d’avant 1990 dont je parlais plus haut.
- Les moquettes et tapis de sol, taillés sur le plancher et non achetés en tapis universel.
- Les panneaux de porte, pare-soleil et soufflets de levier, ces petites pièces qui trahissent l’âge d’un habitacle plus que les sièges.
Cette dernière ligne compte plus qu’elle n’en a l’air. Un intérieur refait dont les pare-soleil sont restés jaunes ne convainc personne. Sur une Alfa Romeo Giulia, ce sont ces deux pièces-là qui ont fait basculer le rendu.
Le détail de chacune de ces prestations, sur véhicule ancien comme sur récent, est sur la page restauration d’intérieur. Sur une ancienne, seules les matières et la technique changent, pas la liste.
Les voitures qui passent à l’atelier

Les deux sièges de la Hotchkiss d'avant-guerre, refaits en cuir. Le dessin et les coutures ont été relevés sur les pièces d'origine avant de les découdre.
Ces deux sièges viennent d’une Hotchkiss d’avant-guerre, dont j’ai aussi refait la capote en alpaga sur mesure.
Sur les derniers mois, il y a eu une Aston Martin DB6, une Jaguar Type E 3.8, une Mercedes 190E 2.3-16 Cosworth, une Porsche 911 SC, une Peugeot 304 cabriolet, une Datsun 280 ZX et une BMW 528.
Plus les youngtimers, qui représentent une grosse part du volume : Mercedes W123, W124 et W210, BMW E30, Lotus Elise, Citroën Dyane, Alfa Romeo Giulia.
Je n’ai pas de marque de prédilection. Ce qui me décide, c’est l’état de la sellerie et ce qu’il y a à sauver dessus.
Combien coûte la sellerie d’une voiture de collection ?
Je ne donne pas de prix moyen sur cet univers, et ce n’est pas une façon d’esquiver la question. C’est qu’un chiffre moyen y serait faux dans les deux sens à la fois.
Sur la capote, j’ai une fourchette parce que j’ai assez de chantiers pour la tenir : 2 900 à 3 900 €, et jusqu’à 4 500 € quand il faut refaire les sangles et monter une toile haut de gamme. Sur une Mercedes R107, j’annonce entre 2 000 et 3 500 €.
Sur l’intérieur, tout dépend de ce qui se garde. Un chantier où le cuir tient encore et où seules les mousses sont mortes n’a rien à voir avec une reprise complète, et je ne le sais qu’après avoir vu les photos.
Ce qui fait vraiment monter un devis sur une ancienne, ce n’est jamais la marque. C’est le nombre de pièces qui n’existent plus et qu’il faut refabriquer.
Les erreurs à éviter sur une voiture ancienne
Ce sont presque toujours les mêmes, et elles coûtent plus cher que le chantier qu’elles voulaient éviter :
- Ne pas laisser une voiture ancienne humide et fermée pendant des mois. Le cuir pique, le tissu moisit, et une sellerie encore bonne devient irrécupérable en une saison.
- Ne pas nourrir un cuir ancien avec n’importe quel produit. Certaines crèmes du commerce bouchent le grain et laissent un film brillant qui ne s’enlève plus.
- Ne pas jeter la pièce d’origine, même en morceaux. C’est mon patron de coupe. Sans elle, il faut relever le dessin autrement, et ça allonge le travail.
Ce dernier point est celui que je répète le plus au téléphone. Gardez l’ancienne pièce, même déchirée, même moisie. Elle vaut plus qu’elle n’en a l’air.
Une restauration passe entre plusieurs mains
Une remise en état complète ne se joue jamais chez un seul artisan. Il y a la mécanique, la carrosserie, la peinture, et la sellerie. J’interviens sur ma partie, à mon tour, et je m’adapte au calendrier du chantier.
Plusieurs garages et restaurateurs de la région me confient cette partie-là. Pour vous, ça ne change rien au résultat : c’est la même personne qui prend les mesures et qui coud la pièce.
Si vous avez une ancienne dont la sellerie est fatiguée, envoyez-moi des photos : un plan large de l’habitacle, un gros plan de la pièce concernée, et l’année du véhicule. Je réponds sous 24 heures.
Pour voir des chantiers de cet univers racontés en entier, il y a cette Aston Martin DB6, cette BMW 528 et ces moquettes de Datsun 280 ZX refaites sur mesure. Et si votre projet porte sur la capote, tout est détaillé sur la page capote de cabriolet.
Et si c’est l’habitacle qui vous préoccupe, sièges, panneaux et moquettes, la page refaire un intérieur de collection dit ce que coûte un intérieur complet et par quoi commencer.
Et si votre véhicule est un van aménagé ou un camping-car, il a sa propre page : sellerie de van et de camping-car.
Pour les seules portières, garniture décollée ou accoudoir usé, la page panneaux de porte donne les prix.
Un chantier de cet univers, en vidéo
Les prestations de cet univers
Refaire l'intérieur d'une voiture de collection
Sur une ancienne, le piège n'est pas de refaire, c'est de trop bien refaire. **Un intérieur neuf sur une voiture qui a une histoire lui enlève sa valeur.** Je relève chaque pièce avant de la découdre, pour retrouver le dessin d'usine. **Un intérieur complet va de 3 600 à 8 400 € TTC**, un siège seul de 1 080 à 1 440 € TTC.
Les questions que l’on me pose
Faut-il refaire une ancienne à l'identique de l'origine ?
Cela dépend de ce que vous voulez en faire. Pour un véhicule qui passe en concours ou qui se revend entre passionnés, l'origine se respecte au point de couture près. Pour une voiture que vous utilisez, on peut garder le dessin d'origine et gagner en confort sur les mousses, sans que ça se voie.
On en discute avant le devis : c'est une décision qui vous appartient, pas une règle du métier.
Et si la pièce n'existe plus nulle part ?
C'est le cas courant sur une ancienne, et c'est justement le travail. Je taille la pièce sur mesure d'après l'ancienne, ou d'après l'armature quand il ne reste plus rien. J'ai refait une capote en alpaga sur une Hotchkiss d'avant-guerre de cette façon, sans aucune pièce de rechange disponible.
Le ciel de toit d'une ancienne se répare-t-il comme sur une voiture moderne ?
Non, et c'est une vraie différence technique. Sur les véhicules d'avant 1990 environ, il n'y a pas de coque rigide à déposer : le tissu est tendu et collé directement, souvent sur des arceaux. Le travail se fait dans la voiture, pas à l'établi, et il demande beaucoup plus de temps.
Est-ce que je travaille avec les restaurateurs et les garages spécialisés ?
Oui, régulièrement. Une restauration complète passe entre plusieurs mains : mécanique, carrosserie, peinture, sellerie. J'interviens sur ma partie, à mon tour, et je m'adapte au calendrier du chantier. Plusieurs garages de la région me confient la sellerie de leurs restaurations.
Quel budget prévoir pour la sellerie d'une voiture de collection ?
Il n'y a pas de prix moyen honnête sur ce type de véhicule. Une capote de collection va de 2 900 à 4 500 € selon les sangles, le ciel de toit et la qualité de toile. Un intérieur complet dépend entièrement de ce qui se garde et de ce qui se refait. Je chiffre sur photos, sous 24 heures.