Aller au contenu

Collection

Nouvelle sellerie sur une BMW 528

Ce que contient cette page (7 sections)
  1. Ce que veut dire « dans son jus »
  2. Trouver la matière quand il n’y a plus de référence
  3. Ce que couvre un intérieur complet
  4. Vous avez une ancienne à reprendre ?
  5. Combien coûte la réfection de sièges sur une ancienne ?
  6. Refaire un siège, ou tout l’habitacle ?
  7. Combien de temps la voiture reste-t-elle à l’atelier ?
Le résumé, si vous êtes pressé

Une BMW 528 dans son jus, entrée à l'atelier pour une sellerie complète : tout l'intérieur et les sièges ont été repris. Sur ce genre de voiture, l'enjeu est de refaire sans effacer ce qui fait son caractère.

Pour débuter cette nouvelle année, nouvelle sellerie sur cette belle BMW 528 dans son jus. J’ai travaillé sur tout l’intérieur ainsi que sur les sièges du bolide.

BMW 528 verte garée devant l’atelier de Chaponost, avant le chantier

La 528 à son arrivée à l'atelier. C'est une berline des années 80, dont la sellerie d'origine était en tissu, pas en cuir.

Sur une BMW de cette génération, le tissu d’origine ne se retrouve plus en neuf. Il faut donc choisir : une matière proche, ou un parti pris assumé.

Le point de départ, c’est toujours la pièce déposée. Elle sert de patron, et c’est elle qui dit comment la garniture était montée à l’usine.

Sur cette 528, la sellerie de série était en tissu, pas en cuir. Passer au cuir aurait été facile à vendre, et ça aurait été une faute : la voiture aurait perdu ce qui la rend crédible aux yeux de quelqu’un qui connaît le modèle.

Siège de BMW 528 avec son tissu d’origine à rayures, avant réfection

Le tissu d'origine, à rayures, tel qu'il était monté à l'usine. C'est ce dessin que je relève avant de découdre quoi que ce soit.

Voilà à quoi ressemblait l’assise avant. Le tissu tient encore, mais la mousse en dessous est tassée : c’est elle qui donne cette impression de siège creusé.

Sur une berline de cette époque, je regarde toujours la mousse avant la coiffe. Une coiffe neuve sur une mousse morte ne change rien.

Le dessin à rayures se relève avant tout : l’écartement des bandes, le sens des coutures, la façon dont le tissu était rentré dans les plis. C’est ce relevé qui permet de refaire à l’identique plutôt qu’à peu près.

Ce que veut dire « dans son jus »

Une voiture dans son jus, c’est une voiture d’origine, jamais restaurée, avec l’usure qui va avec. C’est le genre de véhicule sur lequel il faut se retenir : la tentation est de tout moderniser, alors que ce qui fait sa valeur, c’est justement qu’elle n’a pas été touchée.

Sur ce type de chantier, je pars des pièces d’origine comme gabarits et je cherche la matière la plus proche de ce qui était monté en sortie d’usine. La voiture repart avec son intérieur, refait, pas avec un intérieur d’une autre époque.

Trouver la matière quand il n’y a plus de référence

C’est la vraie difficulté de ces voitures. Sur un modèle récent, la matière d’origine se commande. Sur une berline des années 80, la référence n’existe plus, et le tissu monté en usine ne se fabrique plus depuis longtemps.

La méthode est toujours la même. Je pars de la pièce déposée et je cherche l’équivalent le plus proche : même grain, même épaisseur, même comportement à la tension.

La couleur, je ne la lis pas sur la surface visible, qui a passé au soleil pendant quarante ans, mais sur l’envers et sous les coutures, là où elle n’a jamais été exposée. C’est le même geste que sur les sièges de cette Aston Martin DB6.

Ensuite, l’ancienne coiffe sert de gabarit. Je la découds, je relève les pièces, et je coupe la matière neuve dessus. C’est ce qui garantit que la nouvelle housse tombera comme l’ancienne, sans plis ni tension aux mauvais endroits.

Ce que couvre un intérieur complet

Quand on parle de reprendre tout l’intérieur d’une voiture, ça recouvre plus de pièces qu’on ne l’imagine :

  • les assises et les dossiers, avant et arrière ;
  • les panneaux de porte, souvent oubliés alors qu’ils sont dans le champ de vision ;
  • le ciel de toit, dont la mousse se désagrège sur toutes les voitures de cet âge ;
  • les moquettes et le tunnel central ;
  • la plage arrière, qui prend le soleil de plein fouet.

Tout ne se refait pas systématiquement. On regarde pièce par pièce ce qui tient et ce qui ne tient plus, et le devis se construit poste par poste. C’est ce qui permet de répartir la dépense sur plusieurs passages si besoin.

Vous avez une ancienne à reprendre ?

Sièges, moquettes, ciel de toit, panneaux de porte : envoyez-moi des photos de l’habitacle et dites-moi jusqu’où vous voulez aller. Je vous réponds sous 24 heures, poste par poste.

Combien coûte la réfection de sièges sur une ancienne ?

Un siège complet, coiffe refaite sur une structure saine, revient entre 1 080 et 1 440 € TTC, soit 900 à 1 200 € hors taxes. C’est le prix par siège, pas pour la paire.

Si le siège a seulement un trou ou une déchirure, la réparation localisée suffit souvent : 360 à 420 € TTC, et jusqu’à 600 € quand il y a des coutures difficiles ou du fil airbag à reprendre.

Ce qui fait vraiment le prix, c’est la matière et les coutures. Un siège en tissu d’origine, un siège en Skai et un siège en cuir ne demandent ni le même temps, ni le même fil, ni la même préparation.

Refaire un siège, ou tout l’habitacle ?

Sur une berline ancienne, la question se pose vraiment, parce que les pièces vieillissent ensemble.

Un intérieur complet démarre à 3 600 € TTC, soit 3 000 € hors taxes, et peut atteindre 7 200 à 8 400 € selon la voiture et la matière.

Mon conseil est simple : si seuls les sièges avant sont fatigués et que le reste tient, on ne touche qu’aux sièges. Refaire du sain n’apporte rien, et sur une ancienne, ce qui est d’origine et en bon état vaut mieux que du neuf.

C’est en démontant qu’on tranche pour de bon. Je regarde les mousses, la structure et les points de fixation avant de proposer quoi que ce soit de plus.

Combien de temps la voiture reste-t-elle à l’atelier ?

Une paire de sièges se compte en jours, pas en heures, et l’essentiel du temps ne se voit pas sur le résultat.

Le démontage vient en premier, et sur une berline de cet âge il demande de la précaution : les agrafes et les fixations n’ont pas été prévues pour être rouvertes trente ans plus tard.

Puis la coupe, à partir des coiffes déposées qui servent de patron. C’est ce qui garantit que le neuf tombe juste sur une structure qui a un peu bougé.

La couture en dernier, avec le fil et le pas de couture adaptés à la matière.

Je préfère annoncer un délai un peu large et le tenir, plutôt que de promettre trois jours et de vous rappeler pour en demander cinq.

Le détail de ce que je fais sur les anciennes est sur la page véhicules de collection. Pour voir un habitacle repris en entier, il y a cette Audi S3 8L, et pour le plancher, les moquettes sur mesure d’une Datsun 280 ZX. Sur une voiture de plus grande valeur, la même question de la teinte s’est posée sur les sièges de cette Aston Martin DB6.

Relever avant de découdre, c’est ce que je fais sur toutes les anciennes. La démarche complète est sur la page refaire un intérieur de collection.

Le chantier en vidéo

La restauration intérieure d'une Mercedes W124, en 66 secondes. Ce n'est pas la 528, mais c'est le même travail sur une berline allemande de la même époque.

Les questions que l’on me pose

Quel est le tarif de la restauration intérieure d'une voiture ancienne ?

Il n'y a pas de forfait, et méfiez-vous de ceux qui en annoncent un. Ce qui fait le prix, c'est le nombre de pièces à reprendre et l'état de chacune. On regarde ensemble ce qui tient et ce qui ne tient plus, et le devis se construit poste par poste. C'est aussi ce qui permet d'étaler la dépense sur plusieurs passages.

Envoyez-moi des photos de l'habitacle, je vous réponds poste par poste sous 24 heures.

Comment rendre l'intérieur d'une voiture comme neuf sans la dénaturer ?

En partant des pièces d'origine comme gabarits et en cherchant la matière la plus proche de ce qui était monté en sortie d'usine. Sur une voiture dans son jus, la tentation est de faire mieux que l'origine : c'est une erreur, ça se voit et ça fait baisser la voiture.

Comment retrouve-t-on la matière quand la référence n'existe plus ?

Je pars de la pièce déposée et je cherche l'équivalent le plus proche : même grain, même épaisseur, même comportement à la tension. Pour la couleur, je ne la lis pas sur la surface visible, qui a passé au soleil, mais sur l'envers et sous les coutures.

Peut-on ne refaire qu'une partie de l'intérieur ?

Oui, et c'est souvent le plus raisonnable. Je refais ce qui est usé, je nourris et je reteinte ce qui tient encore. Le résultat reste homogène tant que la teinte est juste.