Hotchkiss cabriolet d'avant-guerre, voitures d'avant 1940
Capote sur mesure pour cabriolet d'avant-guerre
Ce que contient cette page (6 sections)
Le résumé, si vous êtes pressé
Sur une voiture d'avant-guerre, il n'existe aucune capote à commander. Tout se relève au patron, sur le véhicule, et se coud à l'atelier. C'est le travail le plus proche de la restauration que je fais, et il se chiffre toujours après examen.
Vous avez une voiture d’avant-guerre dont la capote n’existe plus nulle part ?
Sur ces voitures, il n’y a rien à commander : tout se relève au patron. C’est le travail le plus proche de la restauration que je fais.
Je suis Charles Bailly, sellier garnisseur à Chaponost, près de Lyon. Ce Hotchkiss est le genre de chantier pour lequel ce métier existe encore.
Vous trouverez ici comment je fabrique une capote quand aucune référence n’existe, pourquoi l’alpaga s’impose sur ces voitures, et ce qu’il faut me montrer pour que je puisse chiffrer.
Quand il n’y a rien à commander
Sur un cabriolet moderne, on choisit une référence. Sur une avant-guerre, la question ne se pose même pas : il n’y a pas de catalogue.
Et même s’il en existait un, il ne servirait pas. Après quatre-vingts ans, deux exemplaires du même modèle n’ont plus les mêmes cotes. Les armatures ont travaillé, les carrosseries ont été reprises, chaque voiture a son histoire.
Le patron se relève donc sur la voiture, à chaque fois. C’est la seule méthode qui donne une capote qui tombe juste.
Quand l’ancienne toile est encore là, même en morceaux, c’est une chance. Je la dépose, je l’ouvre à plat, et j’en tire les formes. Elle a vécu sur ce véhicule précis : c’est le meilleur document qui existe.
Ce qu’il reste de l’originale

L'ancienne toile du Hotchkiss avant dépose, raidie et ouverte aux plis. Même dans cet état, elle reste le patron le plus fiable dont je dispose pour tailler la neuve.
Ce qu’on trouve sur ces voitures est rarement en bon état, et ce n’est pas ce qu’on lui demande.
La toile a durci, elle s’est ouverte aux plis, et sa couleur n’a plus grand rapport avec celle d’origine. Peu importe : ce qui compte, ce sont ses dimensions et ses découpes.
Je regarde aussi comment elle était fixée. Les boutons pression, les passements et les points d’accroche d’époque font partie de ce qu’il faut reproduire ou conserver.
C’est ce niveau de détail qui distingue une capote d’époque d’une capote moderne posée sur une ancienne, et un propriétaire de ce genre de voiture le voit immédiatement.
Pourquoi l’alpaga sur ces voitures ?
Le choix de la matière n’est pas qu’une question de goût sur une avant-guerre. C’est une question de cohérence.
L’alpaga a la profondeur et le tombé qu’on attend sur ce type de carrosserie. Il vieillit en prenant une patine, au lieu de se craqueler comme un enduit moderne.
Une toile technique récente ferait immédiatement faux, même bien posée. La matière brillerait là où l’époque veut du mat, et le tombé serait trop raide sur des arceaux dessinés pour du textile souple.
C’est le genre de décision qu’on prend ensemble, échantillons en main, avant que je taille quoi que ce soit.
Le résultat, et ce qui a été conservé

Le Hotchkiss une fois la capote en alpaga terminée et posée. L'armature et les fixations sont celles de la voiture : seule la toile est neuve, et c'est ce qui préserve son authenticité.
L’armature reste celle du véhicule. Elle se nettoie, se dégraisse et se traite, mais elle ne se remplace pas : sur une voiture de cet âge, ce serait lui retirer une partie de son intérêt.
Les fixations d’époque sont conservées quand elles sont saines, refaites à l’identique quand elles ne le sont plus.
Rien de mécanique n’est touché. Je suis sellier, et sur ces voitures c’est d’ailleurs la carrosserie et la mécanique qui relèvent d’autres spécialistes.
Ce qui repart de l’atelier, c’est une toile neuve sur une voiture restée elle-même.

Le détail des boutons pression et la vue arrière une fois la capote posée. Les fixations reprennent l'implantation d'origine, ce qui évite de percer la carrosserie ailleurs.
Pour chiffrer, il me faut voir. Envoyez-moi des photos de l’armature, de ce qu’il reste de la toile et de la voiture entière, et dites-moi ce que vous savez de son histoire.
Ce type de chantier s’inscrit presque toujours dans quelque chose de plus large : la démarche complète est décrite sur la page véhicules de collection.
Ce qui se décide avant la première couture
Sur une voiture d’avant-guerre, le chantier se prépare bien plus longtemps qu’il ne se réalise, et c’est normal.
Il faut d’abord établir ce qui existe encore. L’ancienne toile, même en morceaux, les fixations d’époque, les traces sur l’armature qui disent où passaient les coutures. Tout cela se relève avant de commander quoi que ce soit.
Ensuite vient le choix de la matière, qui n’est pas qu’esthétique : une toile moderne enduite ferait immédiatement faux sur ce type de carrosserie.
Et enfin la question des délais. Sur ces voitures, la matière n’est pas en stock chez un fournisseur généraliste : il faut la commander, parfois de l’étranger, et le délai fait partie du chantier.
⚠️ C’est pour ça que je ne chiffre jamais une avant-guerre au téléphone.
Sur une voiture d’avant-guerre, l’essentiel du montant part dans le gabarit et les heures, pas dans la toile. C’est exactement le genre de chantier qui explique ma façon de construire un prix.
Si vous avez déjà la toile
Cela arrive sur les véhicules de collection : la pièce a été achetée il y a des années, en prévision d’une restauration qui n’a jamais commencé.
Je peux travailler avec, et je facture alors un peu plus cher. Ce n’est pas ma pièce, je ne l’ai pas choisie, et je n’ai aucune garantie dessus.
Sur une toile stockée longtemps, il y a en plus un vrai risque : les plis prolongés marquent la matière de façon définitive, et cela ne se voit qu’une fois la toile étalée à plat.
Envoyez-moi une photo de la toile dépliée avant qu’on arrête une date. C’est la seule façon de savoir si elle est encore exploitable.
Et prenez votre temps pour me répondre. Sur ce type de voiture, un chantier se prépare sur des semaines, pas sur un coup de téléphone.
Le chantier en vidéo
Les questions que l’on me pose
Peut-on acheter une capote pour une voiture d'avant-guerre ?
Non, sauf exception rarissime. Sur ces véhicules il n'existe aucune pièce en catalogue, et de toute façon deux exemplaires du même modèle n'ont pas exactement les mêmes cotes après quatre-vingts ans.
Tout se refait au patron.
Comment je travaille sans pièce de référence ?
À partir de ce qui existe encore. Quand l'ancienne toile est présente, même déchirée, elle sert de patron : je la dépose et je l'ouvre à plat. Sinon je relève les formes directement sur l'armature, arceau par arceau.
Pourquoi l'alpaga sur ce type de voiture ?
Parce que c'est ce qui correspond à l'époque et à l'usage. L'alpaga a la profondeur et le tombé qu'on attend sur une avant-guerre, là où une toile moderne enduite ferait immédiatement faux. C'est un choix de cohérence autant que de matière.
Combien coûte une capote d'avant-guerre ?
Cela se chiffre toujours après avoir vu le véhicule. Il n'y a pas de fourchette qui ait du sens sur des voitures dont chacune est un cas particulier.
Envoyez-moi des photos de l'armature et de ce qu'il reste de la toile, on part de là.
Est-ce que je reprends aussi les sièges de ces voitures ?
Souvent, oui, et c'est logique : quand une voiture est démontée pour sa capote, l'intérieur est accessible. Sur ce Hotchkiss, les sièges en cuir ont été repris dans le même chantier.