Bateau et extérieur
Les assises des vestiaires de l'Olympique Lyonnais
Ce que contient cette page (7 sections)
- Le geste est celui d’une sellerie de voiture
- Ce qui change, ce sont les contraintes du lieu
- Pourquoi ce chantier ressemble-t-il à celui d’un cabinet médical ?
- Ce qui use une assise de vestiaire, dans l’ordre
- Les erreurs que je vois sur du mobilier collectif
- Ce que ce chantier prouve, et ce qu’il ne prouve pas
- Le même geste pour un établissement lyonnais
Le résumé, si vous êtes pressé
J'ai refait les assises du vestiaire des joueurs de l'Olympique Lyonnais, au Groupama Stadium. Simili, surpiqûres et agrafage : le geste est celui d'un siège de voiture, mais les contraintes sont celles d'un lieu qui sert toute l'année.
Un vestiaire de Ligue 1, c’est du mobilier qui sert tous les jours ?
Exactement, et c’est tout le sujet.
Je suis Charles Bailly, sellier garnisseur à Chaponost, près de Lyon. J’ai refait les assises du vestiaire des joueurs de l’Olympique Lyonnais, au Groupama Stadium.
C’est le chantier dont on me parle le plus, et c’est aussi celui qu’on comprend le moins bien. Parce qu’on imagine un travail d’exception pour un lieu d’exception, alors que le geste est exactement celui que j’emploie sur un siège de voiture. Ce qui change, c’est ce que le mobilier doit encaisser.
Cet article vous raconte ce chantier, et surtout ce qu’il dit du mobilier professionnel en général : celui d’un club, d’un cabinet, d’un restaurant ou d’une salle d’attente.
Le geste est celui d’une sellerie de voiture
Simili, surpiqûres, agrafage. Ce sont les trois mots que j’ai employés en publiant le chantier, et ils suffisent à décrire la méthode.
On dégarnit l’assise, on relève la forme sur l’ancienne garniture qui sert de gabarit, on recoupe la matière neuve dessus, on coud, puis on agrafe en tendant régulièrement. C’est le même enchaînement que sur un siège de voiture, avec les mêmes machines et le même stock de matières.
Un sellier automobile sait faire du mobilier professionnel. L’inverse n’est pas toujours vrai, parce que l’automobile impose des formes bombées et des tensions que le mobilier plat ne demande jamais.
Ce qui change, ce sont les contraintes du lieu
Un canapé de salon vit une heure ou deux par jour. Un vestiaire vit toute la saison.
Les assises d’un vestiaire encaissent des passages répétés, des équipements posés dessus, de l’humidité permanente et un nettoyage fréquent aux produits d’entretien. C’est cette dernière contrainte qui commande le choix de la matière, bien plus que l’esthétique.
D’où le simili. Il tient les produits, il ne boit pas l’humidité, il se nettoie d’un coup de chiffon. Un cuir aurait été plus flatteur en photo et se serait fatigué beaucoup plus vite dans ces conditions.
La surpiqûre, elle, n’est pas décorative : elle bloque la matière sur les lignes de tension et l’empêche de fluer avec le temps.
Pourquoi ce chantier ressemble-t-il à celui d’un cabinet médical ?
Je le mets exprès à côté de la réfection de siège de cabinet médical, parce que c’est le même problème.
Dans les deux cas, vous avez du mobilier de qualité, une structure saine, et une garniture qui a lâché la première. Dans les deux cas, le réflexe est de tout remplacer. Et dans les deux cas, remplacer revient à jeter la partie qui vaut le plus cher pour un revêtement usé.
| Ce qui est commun | Ce qui change d’un lieu à l’autre |
|---|---|
| La structure survit à la garniture | Le nombre d’assises à traiter |
| La matière doit tenir le nettoyage | L’accès, et si le mobilier peut sortir |
| Le geste est un garnissage classique | Les créneaux où le lieu est libre |
C’est pour ça que le prix ne dépend pas du prestige du client. Il dépend du nombre d’assises et de la facilité d’accès, exactement comme pour un particulier.
Ce qui use une assise de vestiaire, dans l’ordre
Ce n’est jamais le poids, contrairement à ce qu’on imagine.
Sur du mobilier collectif, les trois causes que je retrouve à chaque fois sont toujours les mêmes, et aucune n’est le nombre de personnes assises dessus :
- Le produit d’entretien. Passé plusieurs fois par semaine, il attaque la surface avant tout le reste. Un simili non prévu pour ça blanchit, durcit, puis craquelle aux plis.
- L’humidité permanente. Dans un vestiaire, l’air est chargé en permanence. La matière boit, la mousse en dessous reste humide, et c’est là que l’odeur arrive.
- Le frottement en un point précis. Les gens s’assoient toujours au même endroit et se relèvent du même côté. L’usure n’est jamais répartie, elle se concentre sur quelques centimètres.
C’est pour ça qu’une assise part avant les autres alors qu’elles ont le même âge. Ce n’est pas un défaut de fabrication, c’est un point de passage.
Les erreurs que je vois sur du mobilier collectif
Elles se ressemblent d’un établissement à l’autre, et elles coûtent toutes plus cher que le problème d’origine.
- Poser une housse sur une assise creusée. Elle masque l’affaissement quelques mois et elle accélère l’usure de la garniture dessous, qui frotte.
- Nettoyer un simili fatigué avec un dégraissant. Le produit finit le travail : la matière sèche, elle durcit, et là il n’y a plus de reprise possible.
- Attendre qu’une couture ouverte laisse voir la mousse. Une fois la mousse à l’air, elle prend l’humidité en quelques semaines, et on passe d’une coiffe à changer à une mousse à refaire.
- Remplacer une assise isolée. Vous obtenez une teinte qui ne correspond pas aux autres, et vous recommencerez avec la suivante dans six mois.
Ce que ce chantier prouve, et ce qu’il ne prouve pas
Ce qu’il prouve : que le mobilier professionnel se regarnit, que je le fais, et qu’un club de Ligue 1 a préféré refaire plutôt que racheter. C’est un argument que je peux poser sur la table quand un gérant hésite.
Ce qu’il ne prouve pas : que ce serait plus cher ou plus long chez vous. Les assises d’un vestiaire ne sont pas plus compliquées que celles d’une salle d’attente. Elles sont simplement plus nombreuses.
La référence n’est pas un argument de prix, c’est un argument de confiance. Elle dit que le travail tient dans un lieu exigeant, pas qu’il coûte plus cher.
Le même geste pour un établissement lyonnais
Si vous gérez un lieu qui reçoit du public, le raisonnement est identique.
Un cabinet de kinésithérapie, un salon de coiffure, une salle d’attente de laboratoire, des banquettes de restaurant, les assises d’un club de sport : dès lors que la structure est saine et que seule la garniture est morte, on regarnit.
Ce que je regarde en premier, dans l’ordre :
- L’état de la structure, parce que c’est elle qui décide si le chantier a du sens.
- Le nombre d’assises, parce que c’est ce qui fait le prix.
- Vos créneaux, parce qu’un lieu qui reçoit du public ne peut pas fermer trois semaines.
Je travaille à Chaponost, à vingt minutes de Lyon, et je me déplace quand le mobilier ne peut pas quitter les lieux.
Envoyez-moi trois photos et le nombre d’assises : je vous dis dans quelle fourchette on est avant même de me déplacer. Et si le remplacement est la meilleure option, je vous le dis aussi, parce que mieux vaut l’entendre de moi que le découvrir après.
Un vestiaire de Ligue 1 n’a pas eu besoin de mobilier neuf. Votre établissement non plus, probablement.
Le chantier en vidéo
Les questions que l’on me pose
Vous travaillez pour des clubs et des collectivités ?
Oui, et le vestiaire de l'OL en est l'exemple le plus visible.
Le principe est le même que pour un particulier : si la structure est saine, on regarnit au lieu de remplacer. Ce qui change dans un établissement, c'est le nombre d'assises et le fait que le lieu doit rester utilisable, donc le chantier se planifie autour de vos créneaux.
Pourquoi du simili et pas du cuir sur un vestiaire ?
Parce qu'un vestiaire se nettoie, et que le cuir n'aime pas ça.
Un simili technique encaisse les produits d'entretien, l'humidité et le frottement quotidien sans marquer. Sur un mobilier qui sert tous les jours et qu'on désinfecte souvent, c'est la matière qui dure le plus longtemps, pas la plus prestigieuse sur le papier.
Est-ce que je me déplace pour ce type de chantier ?
Oui, quand le mobilier ne peut pas quitter les lieux.
C'est le cas d'assises fixées au mur ou intégrées à un aménagement. Sinon je préfère travailler à l'atelier de Chaponost, où j'ai mes machines et mon stock de matières sous la main.
Combien coûte la réfection d'un lot d'assises ?
Ce qui fait le prix, c'est le nombre d'assises et l'accès, pas le prestige du lieu.
Les fourchettes sont les mêmes que pour un cabinet ou une salle d'attente. Envoyez-moi trois photos et le nombre d'assises, je vous réponds sous 24 heures.